L’audit technique des prêts CHF : L’immuabilité contractuelle et le mécanisme de réévaluation de la caution au CM Saint Genis Ferney (2009-2020)
Dans la continuité de l’audit transversal des prêts immobiliers indexés sur le franc suisse, le cabinet Active Avocats et la plateforme Justice.cool ont expertisé les conventions de crédit émises par le CM Saint Genis Ferney (Société Coopérative de Crédit). Bien que ce réseau ne représente qu’une fraction ciblée de l’échantillon, l’analyse de ses contrats révèle des spécificités techniques, notamment une stabilité rédactionnelle atypique et un dispositif de garantie particulièrement rigoureux au profit de la caution.
Une rigidité rédactionnelle sur plus d’une décennie
L’analyse des contrats fait ressortir l’absence d’évolution des clauses de change au sein de cet établissement. Contrairement à d’autres réseaux mutualistes ou nationaux ayant multiplié les versions (jusqu’à 17 variantes pour le Crédit Agricole), le CM Saint Genis Ferney a maintenu une version unique de sa clause de risque de change entre 2009 et 2020.
Cette immuabilité suggère une stratégie contractuelle figée, imposant de manière systématique le même déséquilibre à l’emprunteur sur une période de commercialisation très longue. La clause stipule invariablement que « l’emprunteur assume les conséquences du changement de parité », une formulation qui, selon nos constats transversaux, caractérise la volonté de transférer l’intégralité de l’aléa monétaire sur le consommateur sans aucun mécanisme de plafonnement.
La « Clause de réévaluation » : La protection exclusive du garant
L’audit met en lumière une stipulation technique majeure insérée dans les actes de cet établissement : la clause de réévaluation automatique de l’inscription.
Ce mécanisme prévoit que l’inscription garantissant le prêt peut être « réajustée automatiquement à la seule requête de la CAUTION et sans qu’il soit besoin d’un autre acte ». L’objectif est sans équivoque : garantir au prêteur (ou à son garant) le remboursement de l’intégralité des sommes dues, même si la dette explose en euros sous l’effet de la dépréciation de la monnaie nationale.
Sur le plan juridique, cette clause illustre parfaitement le déséquilibre significatif : alors que la banque et la caution se prémunissent contractuellement contre l’inflation de la créance en réajustant leurs sûretés, l’emprunteur, lui, reste seul exposé à l’augmentation illimitée de son capital restant dû.
Un manquement systémique au standard de transparence
Malgré la précision des termes relatifs aux garanties, l’audit confirme que le CM Saint Genis Ferney n’a, dans aucun des contrats analysés, fourni de simulations chiffrées concrètes. L’emprunteur était informé de l’existence d’un risque théorique, mais n’était jamais mis en mesure d’en appréhender la matérialité économique, notamment l’impact d’une variation de +/- 10 % ou 20 % du cours de change sur ses échéances et son capital.
En vertu du revirement de la Cour de cassation du 9 juillet 2025, ce défaut de transparence est sanctionné par l’annulation de la clause de change. La Haute juridiction rappelle que le statut de frontalier ne dispense pas la banque de son obligation de délivrer une information loyale et exhaustive, incluant des scénarios économiques défavorables.
Une action imprescriptible pour une remise des compteurs à zéro
Il est rappelé aux titulaires de contrats CM Saint Genis Ferney que l’action visant à faire déclarer ces clauses réputées non écrites est imprescriptible. Cette procédure permet d’obtenir la nullité de l’effet de change et de ramener le prêt à son capital nominal initial en euros. La banque est alors tenue de restituer l’intégralité des intérêts, frais de change et primes d’assurance indûment perçus.
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